Vacances

Je suis ravie de vous annoncer que, sauf contretemps, je vais être en mesure de vous offrir une pluie d'articles pour les jours à venir, étant don que les vacances officielles arrivent ; officieusement, je suis déjà en vacances intellectuelles, c'est-à-dire que les profs peuvent parler, je ne suis plus . Je réfchis déjà à tous les merveilleux articles qui ne seront pas lus et que je vais écrire avec un plaisir nonpareil aps des semaines de plume en jachère.

Vous vous en foutez ?

Je
m'en fous, c'est les vacaaaaaaaaaaaaaaaannnnces !!! Vacances culturelles, cinéphiliques et litraires : le bonheur !

... dans l'idéal...
# Posté le jeudi 06 avril 2006 13:03

Essaye-moi

Essaye-moi
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"Essaye-moi, et tu verras bien si je suis l'homme de ta vie !"

Petite devinette : qu'est-ce qui est petit, poilu, collant et crado ? Qu'est-ce qui a une tendresse infinie, une naïveté désespérante et des jeux tout sauf reposants ? Qu'est-ce qui chamboule tout, pêche les pingouins et cuisine le flamby au soja ? Trois lettres... Quatre noms... Pierre François Martin-Laval alias Pef... ou Yves-Marie, c'est du pareil au même. Pef ? Le zigotto des Robins des Bois, affreux et génial dans ses rôles tels que Mr Merdocu, Pouf le cascadeur et le magnifique roi du royaume de la Cape et l'Epée ? Lui ? Il est capable de faire un film ? On le croyait relégué dans les archives de Canal + ou les petits papiers de Chabat ; détrompez-vous, bande de médisants : voici la preuve qu'il a du talent dans sa besace.

"Je suis incapable de dire un texte normalement. J'ai un jeu excessif. Les metteurs en scène recommandés par les plus grandes marques de cinéma refusent de me diriger !" (Plubisite pour "la grande émission") Comment faire alors pour atteindre le Grand Ecran ? Ecrire et réaliser le film soi-même ! Le résultat : "Essaye-moi" ou l'histoire d'un éternel enfant qui fait tout pour séduire son Namoureuse en 24 heures. Du speed-dating version longue, en quelque sorte ; mais rien d'aussi barbare et moderne ici, non, car Pef fait l'effort de créer un univers bercé par un petit grain de folie. Toujours la même sentence : on aime ou on n'aime pas. Aux réticents, je rétorque : pourquoi se priver de rêve ? "Essaye-moi" est, à l'image d'Amélie Poulain, un immense cri d'un éternel enfant et, tout aussi naïf que soit le message, c'est touchant.

"Attention, je risque d'avoir un comportement extrêmement amoureux d'un instant à l'autre !"

Pour citer les atouts ordinaires de la qualité d'un film, on s'attardera sur les acteurs ; on ne pouvait faire mieux, c'est certain. En premier lieu, il y a Pef qui s'est offert un rôle sur mesure, à la fois ouvert à tous ses débordements (cascades, pleurnicheries...) et éminemment personnel et qui lui permet de briller ; juste à ses côtés, le tendre et célébrissime clown du cinéma, Pierre Richard, fait son come-back et le bon, cette fois-ci, après le bide du "cactus" : il est parfait. Suivent une Julie Depardieu en grande forme, une Isabelle Nanty fidèle à elle-même et une troupe des Robins des Bois furtivement géniale (Marina Foïs, Pascal Vincent et Maurice Barthélémy et Elise Larnicol que je n'ai pas repérés). Un tel casting, ça aide. Mais ça ne suffit pas, Pef l'a bien compris. Il s'entoure donc d'une équipe technique excellente qui compose un esthétisme qui colle aux personnages. Les décors et costumes sont donc soignés dans le détail et s'arrangent pour harmoniser les couleurs (gilet vert/papier peint vert, etc.) : la magie se fait et ouvre ses portes à toutes les folies. Il n'y a qu'avec une once d'originalité visuelle qu'il peut inviter le spectateur à croire à l'ascension d'un attardé (social ou mental ?) dans l'espace ou encore à la folle escapade d'un pingouin ; mais Pef peut pousser plus loin, il faut juste que le tout mûrisse.

"Est-ce que vous croyez que la Bête, elle a tout de suite plu à la Belle ? Est-ce que le Clochard, il a tout de suite plu à la Belle ? Est-ce que le Bois Dormant, il a tout de s..."

Dans la comédie française, rares sont les pépites. Pourquoi ? A cause d'auteurs qui ne savent plus s'arrêter dans la surenchère de gags. Bonne nouvelle ! Nous avons trouvé une pépite, 2 ou 3 carats, c'est peu, mais le filon est exploitable : elle s'appelle "Essaye-moi" et Pef en est l'heureux garant. Sans aller trop loin dans les blagues de mauvais goût, ce bel hymne à l'enfance et à l'amour amène joie et bonne humeur sur le visage des spectateurs...


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# Posté le vendredi 31 mars 2006 07:32
Modifié le vendredi 31 mars 2006 07:46

Aurore

Aurore
Il faut être fou, il faut vraiment être fou pour réaliser un tel film de nos jours, un film totalement onirique et romantique et qui s'assume pleinement. Merci Nils Tavernier de nous offrir cet OVNI du paysage cinématographique actuel, et j'insiste sur le mot ACTUEL car il fut un temps où rêver de princes charmants n'était pas interdit, le temps d'un certain Jacques Demy... et "Aurore" est aussi naïf qu'un "Peau d'âne"... pardon, qu'un "peau d'âââââne", parce que le film est largement passé dans la catégorie des chefs-d'oeuvre et qu'il n'est pas permis d'en dire du mal. "Aurore" n'est pas qu'un hommage cinématographique, c'est avant tout un merveilleux cadeau aux amoureux de la danse classique, néo-classique et contemporaine, et les chorégraphies de Caroline Carlson (et de Kader Belarbi qui signe la plus belle de toutes !), la présence de Nicolas Le Riche et Marie-Agnès Gillot et les apparitions clin d'oeil de Mélanie Hurel, Kader Belarbi et Yann Bridard viennent ajouter au plaisir des amateurs... mais on en redemande ! Après tout, les gens ne vont-ils pas voir "Aurore" pour cela ? Mais Nils Tavernier n'a pas voulu faire un film uniquement destiné aux danseurs et a réduit les temps de chorégraphies ; le souci, c'est qu'il n'a pas le scénario suffisamment travaillé pour accrocher les novices. On devine que le passage du documentaire à la fiction n'est pas aisé et on attend encore des progrès au niveau de la direction des acteurs et de la rédaction des dialogues. Soyons indulgents car l'effort est louable, et quoiqu'il en soit, on se régale les yeux d'images somptueuses, véritables peintures qui peuvent largement rivaliser avec l'esthétisme de Bruno Delbonnel : ça mérite même un césar, sinon deux !
Pour être honnête, "Aurore" est le genre de film que j'attendais depuis des années, mêlant univers féérique et danse et le film représente tout ce dont j'avais besoin ce soir-là pour partir loin, très loin de mon oral de TPE (!) et du stress du quotidien. Il n'y a qu'un ordre pour apprécier ce joli conte : retournez en enfance !
Ah ! Nicolas Le Riche ! Excusez-moi de m'extasier mais il y a de quoi envier Margaux Chatelier (trop juvénile, trop niaise mais quelles arabesques !) de danser avec un des plus grands danseurs étoiles de l'Opéra de Paris dont j'ai rarement eu l'occasion d'admirer les talents, sinon dans "le lac des cygnes". Mille mercis Nils Tavernier, continuez à communiquer cette passion qui ne demande qu'à être partagée, continuez à mêler cinéma et danse, c'est tellement rare !
# Posté le jeudi 23 mars 2006 14:49
Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49

Le nouveau monde

Le nouveau monde
Je n'ai rien à dire : voici précisément le genre de film devant lequel je ne PEUX rien dire. Chef-d'oeuvre ? JE NE SAIS PAS. Je pourrais vous sortir mille jolies phrases pompeuses et creuses sur la beauté de la nature, sur le génie de Terrence Malick... bref, je pourrais vous déballer ma Cultûûûûre, mais non. Je ne m'appelle pas Télérama.
Suis-je allée voir ce film dans les bonnes conditions, d'avance conquise par l'enjeu cinéphilique que cela représentait pour moi ? Avais-je réellement l'intention de juger un tel film, moi, tellement petite dans... l'océan du septième art ! Mon premier Malick et certainement pas mon dernier. Il FALLAIT que j'aime ce film, ou du moins que j'aie les arguments pour défendre un avis quelqu'il soit : je ne les ai pas. Ce qui signifie qu'en ce moment même, j'écris les lignes les plus vides de sens de ce blog. Bonne nuit, chers lecteurs.
Pourquoi et comment faut-il aller voir ce film ? Avant toute chose, ne pas avoir à l'esprit "c'est un film Colin Farrell" (en gros, une bouse ! pardon, j'exagère), mais se dire qu'il s'agit d'un film lent, contemplatif et loin de l'Histoire qu'il prétend retracer. Pocahontas et la conquête de l'Amérique n'est qu'un prétexte ; l'Amour et la Nature sont les vrais centres de ce "Nouveau Monde". C'est beau, paisible, lyrique... Et si certains reprochent à la dernière partie de perdre sa poésie, c'est selon moi volontaire. Dans cette nature froide, taillée comme de la pierre, Malick démontre toute l'absurdité et "la laideur" de la nature dressée. Il le montre avec plus de violence encore au milieu même de la colonie lorsque Pocahontas et John Smith franchissent les portes d'un campement désertique, aride, laid et triste : regardez ce que l'homme peut faire avec ce qu'il pense être sa légitime suprématie. Regardez... certainement LE mot-clé.
Avec mes piètres connaissances, j'ose dire que "le nouveau monde" n'est pas parfait, et j'ose avancer mes arguments amateurs. Tout d'abord, Malick n'est pas très clair et la compréhension est difficile lors du départ de Smith et de l'arrivée de Rolfe (ou alors je suis vraiment glandue !) : le film a tellement de non-dits que l'Histoire avec un grand H en devient floue et pire que secondaire... lointaine, oubliée. Je comprends que l'intention de Malick ne soit pas dans la narration simple des événements, mais il me semble qu'il y a un minimum à respecter. D'autre part, Malick frôle parfois le lyrisme pompeux, celui qui sonne faux, forcé par un besoin de paroles, mais il évite le débordement... le film est sauvé.
Pour faire simple, allez voir ce film, rien que pour les images et la musique somptueuses, et reposez-vous : vous allez entrer dans un autre monde.


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"Why does Earth have colours ?"
# Posté le jeudi 16 mars 2006 12:33

L'ivresse du pouvoir

L'ivresse du pouvoir
Chabrol vieillit. Il vieillit mais ne perd absolument pas ses talents cyniques ni son art de la manipulation. Hélas, il peine à mettre en forme ses idées et rend une copie assez sale.

Plus le temps passe et moins Chabrol soigne un point essentiel de la réussite d'un film : la direction des acteurs. Autant Isabelle Huppert est formidable de froideur (elle en a l'habitude) François Berléand impeccable et Thomas Chabrol fidèle à lui-même, autant le reste du casting est irrégulier ; Patrick Bruel frise à certains moments le ridicule, et d'autres acteurs gâchent même la prestation de leur partenaire tant ils sont mauvais ! De toute évidence, la faute en revient surtout à Chabrol, peut-être un peu aux acteurs eux-mêmes, car sa méthode de champs/contrechamps apparaît trop visiblement à l'écran, elle n'est pas fluide, il y a forcément quelque chose à modifier au tournage ou au montage. "La fleur du mal" avait déjà laissé entrevoir ces irrégularités : les acteurs atteignaient tantôt des sommets, tantôt s'approchaient des confins du ridicule. Bizarre, bizarre...
Une fois que l'on s'est fait à ce manque de naturel, le reste passe plus ou moins. Car si "L'ivresse du pouvoir" est douteux sur la forme, il est très bon sur le fond, très "chrabrolien". Le but n'est pas de chercher tous les détours de l'enquête puisque Chabrol les évoque trop furtivement, histoire de nous faire comprendre qu'il y a plus important : les tout-puissants. Ils sont laids, ils sont menteurs, ils sont pourris... rien de bien surprenant là-dedans. On la connaît l'image de l'homme d'affaire au-dessus de tout, costard, cigare et double menton ! En désirant en faire un portrait acide, Chabrol pousse trop loin la caricature si bien que sa charge ne devient plus percutante, elle devient risible car parodique malgré elle. Alors à défaut de s'intéresser aux grands hommes d'affaires, on observe attentivement Jeanne Charmant Killman et son ivresse du pouvoir. Quelle jouissance de renverser les intouchables ! Et pourtant, le retour sur terre se fait tous les soirs, de retour à la maison aux côtés d'un mari fantomatique, complexé et jaloux. L'acteur ressemble comme deux gouttes d'eau à François Cluzet, l'atmosphère est tendue, noire... comme "l'enfer". Une redite ? Regrettable. Non pas qu'il n'y ait rien d'exploitable dans cette sous-intrigue (à moins qu'il ne s'agisse de la véritable trame), elle permet de s'échapper du cadre morne du bureau/maison, mais elle est pesante.

Fort heureusement, Chabrol est expérimenté pour ce qui est du cynisme et signe un scénario parfaitement dialogué et jamais trop appuyé. Ou presque : la mise en images n'est pas à la hauteur. Chabrol sur le déclin ?

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Merci à blop qui, avec sa bonne critique, m'a mis les idées au clair. Et dire que j'ai failli ne mettre qu'une étoile !
# Posté le samedi 11 mars 2006 11:57
Modifié le dimanche 12 mars 2006 16:45