Dans le lot des comiques anglophones, il semble y avoir un mot d'ordre : extrême. Sacha Baron Cohen répond à la règle et même bien plus. Borat est une bombe de provocation, à tel point que cynisme n'est qu'un faible mot pour exprimer la multiplication des paroles déplacées, racistes, homophobes, misogynes et on en passe... Faisons tout d'abord les présentations : qui est Borat ? Un personnage bâti de clichés que Sacha Baron Cohen a créé pour la télévision britannique (bien que l'humour soit plus US que Grand Briton), soit un journaliste reporter kazakh chargé d'aller explorer les Etats-Unis, ce vénéré modèle, pour comprendre ce qui fait que, décidément, l'oncle Sam est le meilleur. Résultat : on assiste à un lâcher de bêtes au pays puritain, des bêtes pas forcément habillées... Cet humour trashissime pourra en rebuter plus d'un, mais le film provoque d'une manière générale une vague d'hilarité dans la salle. Et pour cause, non seulement Sacha Baron Cohen multiplie les gags de plus ou moins bon goût, mais surtout, il met une claque à chacun des autochtones qu'il croise sur son chemin par ses manières non civilisées. On rit des gens qui refusent de faire la bise à Borat – imaginez, un inconnu, comme ça, dans la rue – des bourgeois qui mettent le kazakh à la porte pour avoir ramené une "prostitute"... Chacune des facettes de notre monde occidental - soi-disant civilisé - se trouve ridiculisée par ce sauvage de Borat ! Un éléphant dans un magasin de porcelaine de pacotille... La satire vient de là : Borat nous tend un miroir déformant et nous fait rire de nous-mêmes ! Reste à se demander si c'est du cinéma... Si la méthode Jackass se met à contaminer le cinéma, peut-on crier à la mort de l'art ? D'autant qu'il est difficile de faire la part des choses entre les scènes véritablement scénarisées et les surprises sur prises. Alors, Borat a-t-il sa place au cinéma ?
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