L'arc

L'arc
"Un vieillard qui séquestre une jeunette pour l'épouser ? Ouh là là! Mais ça sent la pédophilie à plein nez !" En réalité, non. Dite comme ça, l'histoire fait d'ailleurs plutôt penser à "l'école des femmes" de notre Molière national. Mais n'oublions pas qu'il s'agit là d'un film du coréen Kim Ki-Duk (et c'est là que je vais jouer la fausse cultivée en faisant semblant de bien connaître le cinéaste alors que ce n'est que mon premier Kim Ki-Duk!) Celui-ci nous emmène dans un voyage à haute portée symbolique.
Une jeune fille est assise sur une balançoire en mouvement au-dessus de l'eau. Un vieillard vise de son arc une peinture bouddha peinte sur la coque du chalutier auquel est accrochée la balançoire. Trois flèches frôlent la jeune fille. Etrange rite... qui permet de lire l'avenir. Telle est la poésie de Kim Ki-Duk. Follement dépaysant, le film est une ôde à l'amour : à sa façon, le cinéaste réinvente l'amour adolescent, la naissance du désir. En silence, toujours, il observe les changements de l'enfant qui devient femme parce que son coeur bat. Les contacts physiques deviennent difficiles, et la présence de l'homme, même celui qui l'a élevée, est désagréable. Le vieillard représente la figure paternel qui voit d'un mauvais oeil les attentions qu'obtient sa fille, mais Kim Ki-Duk pousse son histoire jusqu'au complexe d'Oedipe. Pas d'amour maternel ici. Des hommes, partout, mais deux seuls comptent dans le coeur de la jeune fille : le père et le jeune homme. Tout ça filmé avec beaucoup de poésie, de justesse, dans la grâce des visages et des regards.
Autre symbole important : l'arc. Le mâle dans toute son effrayante puissance. Il repousse les prétendants car avant tout, c'est une arme redoutable. Mais très vite, il prend un autre sens. Ne dit-on pas "bander son arc"? A ce titre, le film fait un détour par l'érotisme fantastique, dans un final plus que jamais symbolique... et en ce sens, très bizarre. Le problème, c'est qu'en voulant livrer son deuxième film annuel, Kim Ki-Duk ne trouve pas matière à remplir 1h30 et traîne en longueur vers la fin, jouant sur la beauté des images et de la musique pour combler un trou scénaristique.
Le film n'est donc destiné qu'à un public initié, prévenu, prêt à se laisser emporter par une certaine réflexion. Intellectuel ? Un peu. Un film à méditer.

***


La fin m'a laissée dubitative. Kim Ki-Duk pousse peut-être les choses trop loin, non ?
A vos commentaires argumentés...
# Posté le mardi 27 décembre 2005 14:14
Modifié le mardi 12 juin 2007 14:48

Les Pandoras 2005

Les tops

Catégorie affiche :
- Le Couperet
- De battre mon coeur s'est arrêté
- Charlie et la chocolaterie
- La boîte noire
- Les noces funèbres

Catégorie bande-annonce :
- H2G2
- Caché
- Harry Potter et la coupe de feu
- Les noces funèbres

Catégorie titre :
- Les noces funèbres (Corpse Bride = le cadavre de la mariée)
- L'enfant (pour son double-sens)
- Match Point (Balle de match)
- De battre mon coeur s'est arrêté
- Les poupées russes
- Ma vie en l'air

Catégorie slogan :
- Wallace et Gromit >> "Il court, il court, le lapin..."
- Match point >> "Sans règles, la partie devient difficile."
-H2G2 >> "Un film à côté duquel Armageddon fait documentaire."
- The Jacket >> "J'avais 27 ans la première fois que je suis mort."
- Les noces funèbres >> "There has been a grave misunderstanding." (Si je ne me trompe pas, il y a un jeu de mot avec "grave" qui veut dire à la fois "pierre tombale" et "grave")

Catégorie film :
- Million Dollar Baby
- Le couperet
- Papa
- Les poupées russes
- Charlie et la chocolaterie

Catégorie acteur :
- Jamie Foxx >> "Ray"
- José Garcia >> "Le couperet", "la boîte noire"
- Johnny Depp >> "Charlie et la chocolaterie", ("Neverland")
- Alain Chabat >> "Papa"
- Benoît Poelvoorde >> "Entre ses mains"
- Romain Duris >> "De battre mon coeur s'est arrêté", "Les poupées russes"

Catégorie actrice :
- Hilary Swank >> "Million Dollar Baby
- Cécile de France >> "Les poupées russes"
- Isabelle Carré >> "Entre ses mains" ("L'avion")
- Ludivine Sagnier >> "Une aventure"
- Sylvie Testud >> "Les mots bleus"

Catégorie réalisateur :
- Cédric Klapisch
- Clint Eastwood
- David Cronenberg
- Anne Fontaine
- Tim Burton
- A. & J.M Larrieu

Catégorie musique :
- Les poupées russes
- Les noces funèbres
- La marche de l'empereur
- Charlie et la chocolaterie
- Joyeux Noël
- Kingdom of heaven


Les flops

Catégorie affiche :
- Je préfère qu'on reste amis
- Anthony Zimmer
- Zim & Co
- Les frères Grimm
- Peindre ou faire l'amour

Catégorie bande-annonce :
- Mr & Mrs Smith
- Palais royal !

Catégorie titre :
- The island ("L'île")
- L'avion
- A history of violence ("Une histoire de violence")
- Wallace & Gromit, le mystère du lapin-garou ("the curse of the wererabbit")

Catégorie slogan :
- The island >> "Préparez votre fuite"
- La porte des secrets >> "Avez-vous peur des secrets ?"
- Harry Potter et la coupe de feu >> "Des heures sombres et difficiles s'annoncent."

Catégorie film :
- La guerre des mondes
- The island
- Crazy kung-fu
- La moustache
- La cloche a sonné

Catégorie acteur :
- Orlando Bloom >> "Kingdom of heaven"
- Bernard LeCoq >> "La boîte noire", ("Caché")
- Daniel Radcliffe >> "Harry Potter et la coupe de feu"
- Ewan McGregor >> "The island"

Catégorie actrice :
- Diane Kruger >> "Joyeux Noël" (parce qu'elle n'a rien à faire dans ce film)
- Eva Green >> "Kingdom of heaven" (la faute aux dialogues ?)
- Britanny Murphy >> "Sin City"
- Maurane >> "Palais royal !" (cinefan, je n'y avais pas pensé!)

Catégorie réalisateur :
- Stephen Chow >> "Crazy kung-fu" (parce qu'il ne sait pas s'arrêter quand ça devient lourd)
- Roman Polanski >> "Oliver Twist"
- Terry Gilliam >> "Les frères Grimm"
- Michael Bay >> "The island"
- George Lucas >> "Star wars 3"

Catégorie musique :
- Brice de Nice (pourtant signée Bruno Coulais)
- A history of violence (pourtant signée Howard Shore)
- De battre mon coeur s'est arrêté (parce qu'il n'y a pas assez de pianooooo!!!!)

A vos votes ! Et si vous avez d'autres suggestions...
# Posté le lundi 26 décembre 2005 06:49
Modifié le vendredi 30 décembre 2005 09:15

Sondage

Amis cinéphiles, quel est le film qui vous a rendus fans absolus du 7e art ?

Pour ma part, si je dis que c'est depuis "les choristes" que ma fréquentation des salles obscures a augmenté, je me fais massacrer (mais c'est un très beau film tout de même!!). En réalité, c'est le débat avec Christophe Barratier auquel j'ai assisté après la projection qui m'a passionnée.
Disons plutôt que "le seigneur des anneaux : le retour du roi" a changé mon rapport au cinéma. J'ai été le voir 2 fois, et il m'était difficile de parler après ces 3h20 éblouissantes... Cette trilogie est la plus magistrale de tous les temps.
Sondage
# Posté le dimanche 25 décembre 2005 12:16
Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49

Les gens du Nord ont dans le coeur...

Entre ses mains
"Tu vois, c'est pas très intéressant" dit Barbe. Ah bah ça ! C'est le moins qu'on puisse dire ! C'est même "très très pas intéressant du tout", pour reprendre le niveau des dialogues !
Alors, c'est ça le Grand Prix du festival de Cannes ? Le véritable label qualitatif depuis que la palme d'or a tourné politique ? ça ? Cet objet qui pète plus haut que son cul ? Ah pardon ! Bruno Dumont, son réalisateur, ne prétend pas faire un cinéma intellectuel... on se demande donc ce qu'est "Flandres"! Non voyons, affirme-t-il, "Flandres" privilégie la sensation. Ah... si on suit le raisonnement, c'est pour cela que le film tend à l'épure, occultant les artifices cinématographiques et scénaristiques autant que possible. Ah oui, l'intention est noble et séduisante, malheureusement, la seule sensation qui persiste en pratique - puissante comme sensation - c'est l'ennui, et pur,ah ça oui ! L'ironie du sort, c'est qu'il faut passer par l'intellectualisation poussée pour apprécier et surmonter les paupières lourdes. On ne peut même pas au moins souligner la qualité de la musique (critère tout ce qu'il y a de plus artificiel, on vous l'accorde), il n'y en a pas, dans la logique de l'intention de départ. Quant aux acteurs, ils sont faux et inintelligibles, mais certes courageux !
Il n'y a plus qu'à saluer la démarche TROP aboutie de Bruno Dumont, intello qui s'ignore. Cannes est-il en perdition ?

*

"les gens du Nord ont dans le coeur le soleil qu'il n'ont pas dehors" (air connu)
AH BON ?!



"J'y connais rien en cinéma" ? Pitêtre, mais j'ai au moins l'amour de l'art, et je déteste descendre pour le "fûn".
# Posté le dimanche 25 décembre 2005 12:00
Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49

A history of violence

A history of violence
Encore de la violence ? Encore un film avec des flings, de vieux mafiosi et un héros gentillet ? Méfiez-vous des apparences ! Si David Cronenberg commence par nous présenter un héros heureux, sage, c'est pour mieux forcer l'identification et nous plonger ensuite dans un doute pervers et complexe. Qui est vraiment Tom Stall ?
David Cronenberg aime la violence, mais il cherche avant toute chose à la comprendre, sans jamais la sublimer. C'est pourquoi "a history of violence" fait l'effet d'un coup de poing : la violence y est naturelle et froide, surgissant sans qu'on s'y attende. Nul besoin de gunshots, de fusillades interminables sur fond de musique électro... Silence. Un coup de poing, une riposte immédiate. Du sang. Cette sobriété est d'une efficacité monstrueuse, d'autant que, bien que le titre puisse laisser présager le contraire, "a history of violence" n'est pas une série de combats à clouer le spectateur sur place sans lui laisser le temps de s'intéresser aux personnages. Ici, le héros est ambigu. Viggo Mortensen lui donne une intensité folle par son regard changeant, parfois tellement rassurant que la happy end ne peut que nous réjouir. Malheureusement, le silence, qui avait été une arme terriblement violente pendant tout le film, n'est plus de rigueur là où il aurait eu une forte intensité dramatique, c'est-à-dire à la fin. Les violons de l'oscarisé Howard Shore auraient pu se taire. Qu'importe. La puissance des regards nous fait oublier ce moindre défaut et termine en beauté cette descente aux enfers.


***
# Posté le jeudi 22 décembre 2005 14:39
Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49